Texte Thibaut Amant, photos Fabrice Berry
L’utilitaire de records
Motom a lancé la production de la célèbre série 48 de cyclomoteurs 4 temps en 1948. Des cyclomoteurs simples, économiques et robustes, parfaits pour se déplacer à moindre coût. Le modèle 48 LL, également connu sous le nom de « Superelle », reste ainsi un des succès de la marque, reposant aussi sur des performances… sportives..
La marque italienne Motom (Motom Italiana S.p.A.) naît juste après la Seconde Guerre mondiale, en 1947, portée par des ingénieurs issus de l’automobile et un contexte industriel milanais propice aux petites cylindrées. Dès ses débuts Motom propose des cyclomoteurs et petites motos ingénieuses et bon marché — la gamme couvrira surtout des moteurs de 48 à 100 cm3 — et connaît son apogée commerciale dans les années 50 comme l’un des principaux fabricants italiens de l’époque, et même souvent le meilleur puisqu’en 1961 il bat les records de ventes de cyclomoteurs en Italie ! La production s’étend sur environ un quart de siècle : la firme est active de 1947 à la fermeture des ateliers en 1971. Techniquement, Motom se distingue par des solutions d’abord considérées comme « modernes » comme des cadres-coques en tôle emboutie, et des moteurs quatretemps compacts. La gamme évolue des premiers Motomic/cyclo à des petites 50–100 cm3 plus abouties dans les années 50/60, puis vers des tentatives de modèles « routiers » 92–100 cm3 au début des années 60, avant le déclin face à la concurrence. Motom eut aussi une présence en compétition : si la vocation de Motom est avant tout de produire du cylomoteur utilitaire, la marque ne néglige pas l’impact commercial lié à la performance. Le modèle Competizione – toujours dans le même style à cadre en croix avec réservoir – bat à Monza des records d’endurance dont celui des 24 heures à près de 90 km/h de moyenne (moteur de 4,5 ch…) !
Déclin
Motom finira par péricliter faute d’avoir su se renouveler à temps et de belle manière. Au début des années 60, la clientèle italienne se trouve de plus en plus séduite par les machines automatiques. Aussi, au lieu de proposer sa propre version, Motom choisira d’importer des Peugeot rebadgées à partir de 1963. Ce manque d’investissement rejaillit sur les ventes qui s’érodent… En 1966, il faut réagir et apporter du renouveau : le Nova 50 offre un bloc horizontal 2 temps peu esthétique, un cadre-coque embouti de même forme qu’avant mais surmonté d’un gros réservoir horizontal peu gracieux, et d’un garde-boue arrière enveloppant lui-même inesthétique. La clientèle évite poliment le sujet. L’ultime sursaut, mais bien trop tardif, intervient en 1970 avec enfin un cyclosport digne de ce nom à cadre double berceau et bloc Minarelli. Le 121 est réussi mais n’empêche pas le dépôt de bilan… Finalement, le gros succès de Motom sera sur la deuxième moitié des années 50,
En acheter une
Chez nous, Motom est véritablement anecdotique : si à l’époque Riviera Motors tente d’importer la marque en France, celle-ci doit faire face au méga-succès de Motobécane, sur la même recette du cadre-coque embouti. Le modèle catalogué comme cyclosport, le 48 SS, ne connaîtra pas meilleure chance, d’autres rivaux italiens s’étant emparé du marché hexagonal. Bref, vous l’aurez compris, on achète aujourd’hui une Motom par passion de la marque ou sur un coup de cœur sans rien n’y connaître ! Vous pouvez ainsi vous adresser à Franck Pelé – qui vendait notre machine – qui se trouve spécialiste de l’importation de cyclos transalpins. Ou bien scruter les annonces web. Dans tous les cas, on vous conseille l’acquisition d’une machine tournante et complète : même en Italie l’approvisionnement en pièces n’est pas clair. On peut néanmoins trouver des éléments mécaniques sur le site ariete.com. Les prix pour ces machines en bel état demeurent très raisonnables : de 1 000 à 1 500 € environ en moyenne, suivant modèles.
Ce modèle a connu un joli succès commercial en Italie.
La Superelle est la version luxueuse du Motom 48 L.
Bien équipée techniquement, la Motom Superelle est en revanche un peu étrtange sur le plan du style, avec ce garde-boue typé cross par exemple !
La marque Motom ne connaîtra qu’un vrai succès sur son marché domestique.
On notera la suspension arrière, plutôt élaborée pour un cyclomoteur de la fin des années 40.
avec la saga du Motom 48, cyclomoteur utilitaire à bloc 4-temps culbuté et boîte 3 vitesses, décliné en plusieurs finitions. Le L de 1956 affiche un plus gros réservoir dans l’esprit des motocyclettes. On en tire un 48 S d’allure vaguement plus sportive, avec guidon rabaissé, semblant de carénage et moteur passant de 2,2 à 2,7 ch. Et puis il y aura le LL…
Super-Belle ?
La Motom Superelle, souvent repérée sous la désignation commerciale 48 LL ou « SuperElle » selon les marchés, est une évolution du célèbre petit 48 cm3 Motom. Ce modèle apparaît au milieu des années 50 (carrière de 1955 à 1958), et reprend le châssis poutre en tôle emboutie caractéristique de Motom mais avec des raffinements comme une fourche télescopique. La Superelle se présente comme la version « évoluée »
du cyclomoteur 48 : châssis plus soigné, confort et finition améliorée, et déclinaison « Super Sport » ou « SS » destinées à un public cherchant un look plus dynamique (le SS servira de base pour la machine des records à Monza), on connaîtra même sur la deuxième moitié des années 60 une version Cross à guidon relevé et… c’est tout. Techniquement et historiquement la Superelle illustre bien la philosophie Motom : produire des petits véhicules économiques, bien conçus, avec des touches d’originalité technique (moteur quatre-temps, cadre-coque, fourche télescopique). Seulement voilà, la concurrence rattrapera bien vite le constructeur italien…
Nos plus vifs remerciements à Franck Pelé, dont le garage importe régulièrement des cyclomoteurs italiens de choix, dont cette Motom 1958 (tél. 06 09 12 32 98).
Fiche technique
Moteur
monocylindre 4-temps, 48 cm3 (39×40 mm), 2,2 ch à 5 500 tr/mn, rapport volumétrique 8:1
Transmission
Boîte 3 vitesses
Suspensions
Fourche télescopique, amortisseurs arrière.
Freins
Tambours
Châssis
cadre-coque embouti
Roues
2.00-18.
Dimensions
Longueur 1,72 m, largeur 0,60 m, empattement 1,12 m
Poids
42 kg.
Vitesse maxi
60 km/h.
Article paru dans 50 Power n°30 (janvier 2026), pages 22 à 27.
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