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Peugeot 103 Vogue

Chacun de nous a conscience de la guéguerre qui oppose les amateurs de MBK 51 et les passionnées de Peugeot 103. Mais au sein même de la famille des fans de 103, il y a ceux qui vouent un culte aux modèles emblématiques tels que les MVL ou SP et ceux qui préfèrent les Vogue et…

Texte Xavier Crouzet, photos Vincent Lyky

Le meilleur des 103 ?

Chacun de nous a conscience de la guéguerre qui oppose les amateurs de MBK 51 et les passionnées de Peugeot 103. Mais au sein même de la famille des fans de 103, il y a ceux qui vouent un culte aux modèles emblématiques tels que les MVL ou SP et ceux qui préfèrent les Vogue et autres dérivés plus récents. Qui a tort qui a raison ? Peu importe : le Vogue est le mal aimé de la gamme, alors qu’il possède bien des qualités et qu’il constitue la base d’une large gamme de modèles et autres séries spéciales.

Pour savoir d’où vient le 103 Vogue, il faut s’intéresser au modèle dont il est issu, le 103 Z et se remettre dans l’ambiance des années 80. A l’époque, la marque sochalienne cartonne aussi bien dans le monde des cyclos que dans l’automobile. La 205 qui sort en 1983 donne un énorme coup de jeune à l’image de la marque et la gamme cyclo s’en ressent évidemment. 1983, c’est aussi l’année de sortie du scooter Peugeot SC qui va relancer le segment et du 103 Z. La filiation entre les deux branches automobile et motocycle de Peugeot est indéniable, les véhicules 2-roues et 4-roues partageant un grand nombre de gimmicks esthétiques. Sur le Peugeot SC, ce sont les rétroviseurs, les protections latérales striées, les logos et les coloris qui rappellent sans conteste le look de la 205. Le 103 Z, entrée de gamme des cyclos, reprend aussi cette signature stylistique notamment avec l’adoption de caches latéraux plus courts, des carters de boite à outils en plastique striés eux aussi et un porte-bagage soudé au cadre, avec un enjoliveur plastique assez proche de celui du SC. Le ton est donné, Peugeot rajeunit son image question look, et la mécanique n’est pas en reste. En ce qui concerne le 103 Z, puisque c’est de lui dont nous parlons aujourd’hui, il se différencie des autres modèles de la gamme par un look plus moderne donc, mais aussi par un cadre un peu différent du MVL dont il parait être une évolution dépouillée. Effectivement, si la fourche et le réservoir semblent identiques, la boite à outils et le porte-bagage diffèrent, mais aussi les garde-boues, plus fins et non chromés. L’équipement est simpliste et l’entrée de gamme ne possède ni variateur ni amortisseurs arrière. Pour ces équipements qui paraissent indispensables, il faudra s’orienter vers le ZS. Notez que même dans les appellations, on fait référence à l’Automobile, ici à la Peugeot 104, alors toujours en production. Pour le millésime 1986, le 103 Z devient 103 Vogue et s’équipe de l’allumage électronique, la déco est un peu plus colorée et la gamme va s’étoffer de plusieurs versions plus ou moins équipées avec même des jantes alu pour certaines.

Tout ce qu’il faut savoir

Vous l’avez compris, le Vogue n’est pas une simple version de 103. C’est un modèle qui fait évoluer le cyclo Peugeot avec de vrais changements. Si l’œil aperçoit les caches de boite à outils plus volumineux que ceux des MV, SP et consorts, à l’ouverture, on se rend

Fiche technique

Moteur

Monocylindre 2 temps, 49,1 cm3 (40×39,1 mm), 2 ch, un carburateur Gurtner 12 mm

Transmission

Embrayage automatique

cycle Cadre coque en tôle emboutie

Freins

Tambours 90 mm

Suspension

Fourche télescopique, bras oscillant, amortisseurs télescopiques

Pneus

2.25×16

Dimensions

Empattement 1,12 m, longueur 1,69 m, largeur 0,62 m

Poids

41 kg.

Souvent dépouillée, la finition du Vogue trahit sa vocation utilitaire.

En acheter une

Vous l’avez vu, il est actuellement possible de faire de très bonnes affaires sur des Vogue ! Sachant que l’exemplaire ici présenté naviguerait davantage autour des 1 000 euros… Mais c’est souvent en dessous de cette valeur qu’on le trouve en état moyen, à remettre en route… Mais rarement modifié : il n’a jamais excité les allumés des kits et kustoms. Pas de piège particulier à éviter, c’est un cyclo tout ce qu’il y a de lambda, essentiellement fait pour rouler sans encombre. Profitez-en !

tout de suite compte de la différence de conception. Terminé la boite vissée au cadre et servant de support de selle. Sur le Vogue c’est une boucle de cadre soudée qui est rajoutée et qui sert de support de selle et de boite à outils. Le porte-bagage arrière n’est plus vissé au tube carré, mais également soudé. Un enjoliveur se plaque dessus. Mais la plus grosse différence se situe au niveau de la suspension arrière. En effet, depuis le début de sa carrière, le 103 possède un long bras oscillant, qui partage son axe de pivot avec celui du moteur basculant. Ce long bras part donc de devant sous le réservoir. L’avantage de ce principe réside dans une tension de chaine identique suivant l’enfoncement des suspensions, du fait que l’axe du pédalier et la roue sont solidaires du bras et oscillent en même temps. L’inconvénient de ce système, c’est le manque de rigidité de l’ensemble. Sur le Vogue, le moteur reste fixé au même endroit, mais l’axe du bras oscillant se retrouve déplacé après l’axe du pédalier, ce qui a pour effet de procurer une meilleure tenue de route au cyclo. Le support moteur ainsi que l’orientation du carburateur et la boite à air s’en trouvent changés par rapport aux autres 103 dérivés du MV. Les « tuneurs » de l’époque se plaignent du moindre choix de pièces adaptables montables sur le Vogue, ce qui va sans doute participer à sa moins bonne réputation. Pourtant, le Vogue dans ses versions équipées de variateur et d’amortisseurs, offre des prestations tout à fait convaincantes en termes de confort et tenue de route. C’est d’ailleurs le cadre du Vogue qui servira de base à tous les modèles emblématiques des années 90 en commençant par le SPX. Le MVL restera quant à lui au catalogue encore de nombreuses années mais c’est finalement la conception du Vogue avec son bras oscillant court qui perdurera sur tous les modèles dans les dernières années de production. Comme quoi, le Vogue était dans le vrai. Le Vogue est disponible à sa sortie en quatre versions. Le Classique de 1986 à 1995 : V Sans variateur et sans amortisseurs arrière. Le VA sans variateur et avec amortisseurs arrière. Le MV avec variateur et sans amortisseurs arrière et le MVA avec variateur et amortisseurs. L’Evolution de 1996 à 2005 : Réservoir de 5 l au lieu de 3,7 l précédemment, nouveau design et jantes à bâtons. Retour au porte-bagage tubulaire rappelant celui des MVL. L’Evolution Luxe : selle confort, clignotants et finition plus soignée. L’Evolution Eco : sans variateur. La dernière génération de 2006 à avril 2016 sera une version catalysée, avec garde-boues en plastique.

Le Vogue à maman

On ne vous présentera pas une fois de plus John de la chaine Youtube 100 % Mobylette. Habitué de nos pages, il possède un grand nombre de cyclomoteurs souvent dans des états d’origine remarquables. Ce Vogue ne déroge pas à la règle. C’est un modèle 2002 sans variateur qu’il a acheté récemment 600 €. Il a été utilisé pendant vingt ans par un homme âgé décédé en 2022. John a été contacté par son fils un matin au téléphone, une heure plus tard, l’affaire était entendue. Encore deux heures plus tard, la machine était présentée au contrôle technique qui lui fût accordé haut la main. John estime à environ 2 000 ou 3 000 le kilométrage de ce cyclo qui présente un état de conservation proche du neuf, son ancien propriétaire ne s’en servant que pour de petits trajets. John a décidé d’offrir ce cyclo à sa mère qui elle s’en servira sans doute de façon plus intensive. La première sortie de cette mob, avec la maman de John au guidon, fut une balade de 140 km qui a été réalisée sans encombre.

Sous un équipement classique, le Vogue propose cependant des solutions techniques en progrès par rapport au 103 classique.

Article paru dans 50 Power n°29 (octobre 2025), pages 32 à 37.

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