Texte et photos Xavier Crouzet
Construite une Mob-Cross avec des pièces de récup’ partie 6 et fin : finition et premiers tours de roues
Où est-ce que je vous avais laissé (en plan) la dernière fois déjà ? Ah oui, ça ne voulait pas démarrer. Finalement ; j’ai réussi à en venir à bout de cette machine infernale. Je dois dire que je suis assez satisfait du résultat final, car pour un bitza réalisé à heures perdues avec des pièces de récup’, l’ensemble a une allure cohérente, les performances sont correctes et le budget reste contenu. Ce n’est pas une machine de musée, mais elle roule !
Dans le numéro précédent, je vous avais quitté sur une défaite. En réalité, les mâchoires de démarrage ne voulaient pas mordre et entrainer le moteur. Il s’agissait tout simplement de la petite rondelle de maintien, qui était complètement aplatie. En effet, celle-ci est en temps normal assez bombée et agit comme un ressort sur les mâchoires, pour les aligner face à la cloche d’embrayage. C’est en comparant avec un autre embrayage, bien fonctionnel lui, que j’ai pu constater ce problème. Une fois réglé, le moteur a fini par « craquer » et j’ai pu faire trois tours de jardin. C’est dans un état de satisfaction absolue que j’ai pu entamer la longue liste des petites choses à terminer. La liste est longue effectivement, à commencer par les freins. Le câble pendouille à l’avant et il va bien falloir que je trouve une solution pour fixer la gaine et faire en sorte que le câble actionne correctement la came. L’essence fuit à travers la peinture neuve du réservoir ! Il va falloir le traiter à la résine. Heureusement, il m’en reste d’un chantier précédent. Mais ce n’est pas tout, le bouchon est HS lui aussi. Si je roule comme ça, c’est le plein qui va finir sur mes genoux à coup sûr. Je dois aussi m’occuper de l’esthétique en fignolant tous les caches latéraux, le garde-boue arrière, les cale-pieds. Il y a aussi la selle à refaire, car le simili d’origine a tellement rétréci qu’il n’est pas envisageable d’essayer de reprendre les coutures craquelées. En plus, ce n’est pas une Peugeot, autant enlever tout ça. Le faisceau électrique aussi est à refaire entièrement et même s’ils ne serviront probablement jamais, je tiens à lui mettre des phares. Et comme je suis généreux, je lui offre une belle déco Piaggio et des plaques numéro qui lui confèrent un look résolument vintage. Après tout, elle le vaut bien ! Une fois tout ceci fait, j’ai parcouru environ 1 km dans le champ pour m’assurer que tout allait bien ! Il y a bien quelques trucs qui me chagrinent, mais je crois en fait qu’un proto c’est comme une maison, jamais terminé… Comme par exemple pour l’échappement passage haut que je voulais faire, et bien ce sera pour une prochaine fois, parce que l’heure tourne et c’est déjà demain la première course ! Quoi, déjà demain ? Avec un rodage aussi court, c’est pas gagné.
Bilan financier
Au final, combien m’a coûté cette machine ? Forcément, j’ai quand même dû acheter quelques pièces neuves, assez peu finalement, car j’avais la chance de posséder pas mal de choses qui ont pu, d’une part, me donner l’idée du projet, et bien entendu me constituer une bonne base. Voici la liste des pièces que j’ai dû acheter :
Mâchoires avant neuves : 8 € – Chambres à air neuves : 15 € – Garde-boue avant d’occasion en bourse : 8 € – Plaque phare d’occasion en bourse : 15 € – Variateur Polini neuf : 90 € – Echappement Tecno neuf : 70 € – Peinture bleue métal Motip : 15 € – Courroie de transmission : 9 € – Mâchoires de démarrage : 15 € – Stickers de réservoir :10 € – Plaques numéro : 16 € – Carburateur copie SHA 13 : 30 € – Filtre à air sport type Malossi : 15 € – Cale-pieds : 8 € – Petites fournitures, fils, cosses, ruban adhésif, câbles, arrêt de gaines etc. : 20 € ; soit un total d’environ 350 €, comme quoi rien n’est gratuit.
Mise en peinture noir mat des carters latéraux d’origine de Bravo et du garde-boue arrière. En réalité, le garde-boue arrière est composé d’un garde-boue avant de Yamaha YZ 125 de 1992 recoupé pour la partie haute, le petit morceau fixé sur le bras oscillant vient de l’arrière d’un garde-boue avant de Suzuki DR650… De la récup’ on a dit. Ce petit morceau est indispensable en tout-terrain pour empêcher la boue d’aller obstruer la prise d’air du filtre. Pour terminer le tout, le feu arrière et la bavette type Yamaha TY assurent la finition et le look « street legal ».
Je fabrique des supports de réservoir… Sommaires mais efficaces.
Je découpe dans un carton les gabarits des repose-pieds. Je découpe dans un couvercle de fût les pièces définitives que je recouvre d’un « grip » de skateboard qui trainait dans le garage.
A ce stade, la mob commence à ressembler à quelque chose. C’est maintenant la selle qui fait défaut.
Je trouve un bout de skaï que j’avais conservé. Il faut maintenant dégrafer la housse d’origine de son embase en tôle, découdre ce qu’il reste de fil pour séparer les parties et reporte le « patron » au dos du simili tout neuf.
Je ressors la vieille machine à coudre de belle maman et on passe maintenant au moment le plus délicat. Avec des aiguilles, je raccorde les différents morceaux préalablement découpés en essayant d’aligner au mieux les traçages, qui deviendront les futures coutures. Je passe ensuite ça à la machine.
Mise en place de la housse refaite sur son embase. Sur ce modèle, les agrafes sont en réalité des morceaux de tôle pré-découpés qui viennent percer le similicuir et qu’il faut replier sur la housse.
Fabrication du faisceau électrique de l’éclairage. Pour le gainage du faisceau, j’utilise du ruban adhésif en toile, comme à l’époque.
Avec la housse neuve, on se rapproche de la configuration finale.
Il a fallu aussi refaire le joint du bouchon d’essence à l’aide d’un caoutchouc fin. L’opération est plus facile que prévu.
Le voici enfin terminé. Pari tenu, il ressemble à ce qu’aurait pu être la version TT du Piaggio Bravo dans les années 80. Bien sûr, il y a eu le Super Bravo, mais je trouve ma version plus séduisante. Question de goûts !
J’avoue m’être creusé la tête pour trouver une solution de cale-pieds. A la veille de la course d’endurance à laquelle j’étais inscrit, il fallait vite faire quelque chose de costaud. Je n’ai pas de pédalier, c’est trop tard pour en commander un. Je choisis finalement d’utiliser un tube de fourche tordu que je viens de remplacer sur un Derbi DS50 pour faire un support de calepieds. Le diamètre convient, et cet acier traité résistera à mon poids. Trois coups de disqueuse et une soudure plus tard, je peux enfin poser mes pièces quelque part et tester le cyclo pour de bon.
Traitement du réservoir à la résine. Au préalable, il faut retirer un maximum de rouille en secouant le réservoir rempli d’écrous par exemple. Ensuite il faut éliminer le reste de rouille à l’acide puis rincer au maximum et enfin faire sécher le tout. Une fois sec, il faut protéger le pas de vis du robinet d’essence avant de verser la résine. Il est impératif d’utiliser de la résine Epoxy et non de la résine polyester qui ne résistera pas à l’essence. C’est une résine bi-composant avec durcisseur. Le mélange doit être précis, 1 pour 3 pour celle que j’utilise. La balance de cuisine m’aide à réaliser ce mélange. Je verse ensuite la totalité du mélange dans le réservoir et le tourne régulièrement pour que le mélange vienne tapisser toutes les parois. Il faut être vigilant pendant une bonne heure et veiller à bien répartir la résine sans la laisser couler d’un seul côté.
Article paru dans 50 Power n°29 (octobre 2025), pages 54 à 59.
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