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Solex Morzini

Nous ne passons que très sporadiquement des machines modifiées dans 50 Power, la ligne éditoriale étant portée au maximum sur des bécanes d’origine. Mais une fois n’est pas coutume, voici ce Solex 3800 réalisé par Thomas Morin à des fins d’exposition d’un savoir-faire des…

Texte Thibaut Amant, photos Vincent Lyky

Pour la bonne cause

Nous ne passons que très sporadiquement des machines modifiées dans 50 Power, la ligne éditoriale étant portée au maximum sur des bécanes d’origine. Mais une fois n’est pas coutume, voici ce Solex 3800 réalisé par Thomas Morin à des fins d’exposition d’un savoir-faire des Compagnons du Devoir…

Mon ambition était de restaurer ce Solex 3800 à l’état neuf, tout en le modernisant, avec des finitions haut de gamme. Ce projet a été conçu dans le cadre de ma candidature aux Compagnons du Devoir et du Tour de France, pour le métier de selliergarnisseur » explique Thomas Morin. Le choix du modèle n’est pas anodin : « Je suis passionné par les Solex depuis mes 14 ans, et j’ai aujourd’hui 21 ans. J’ai déjà restauré plus de trente Solex en deux ans, avec rigueur et passion. J’ai même lancé à l’époque ma propre petite “concession

Solex” artisanale. Ma collection actuelle comprend quatorze Solex. Je suis aussi cofondateur du club Le Solex du Grand Vertois, lancé avec des amis passionnés ». Connaisseur émérite du sujet, Thomas jette donc son dévolu sur un 3800 de 1967 acheté en sortie de grange en 2022, rouillé et abandonné. « J’ai choisi ce modèle emblématique car c’est le plus vendu de tous les Solex, avec plus de 7 millions d’exemplaires produits entre 1966 et 1988. Le 3800 est l’aboutissement d’une longue évolution technique commencée avec les premiers modèles dès 1946. Il a su séduire par sa fiabilité, sa simplicité mécanique, et son design reconnaissable, notamment grâce à son moteur en galet directement posé sur la roue avant ».

Cuir Hermès

Commence alors un long travail minutieux et ambitieux : « Je voulais associer patrimoine mécanique et savoir-faire artisanal, en utilisant notamment des matériaux nobles. Grâce à un don officiel de cuir provenant de la maison Hermès, remis à mon école, j’ai pu obtenir une sélection de peaux qui m’a ensuite été

Liens YouTube de la puce NFC : https://youtu.be/kEbcrfIibrw Instagram perso : toma.morin Instagram Solex : jippy_solex Instagram sellerie Morzini : Sellerie_Morzini

Hermès a offert le cuir qui orne ce magnifique Solex. Fiche technique

Moteur

Monocylindre 2 temps, 49,1 cm3 (40×39,1 mm), 2 ch, un carburateur Gurtner 12 mm

Transmission

Embrayage automatique

cycle Cadre coque en tôle emboutie

Freins

Tambours 90 mm

Suspension

Fourche télescopique, bras oscillant, amortisseurs télescopiques

Pneus

2.25×16

Dimensions

Empattement 1,12 m, longueur 1,69 m, largeur 0,62 m

Poids

41 kg.

confiée exclusivement dans le cadre de ce projet. Il ne s’agit pas d’un partenariat avec Hermès, mais d’un don pédagogique transmis via l’établissement. L’intégralité de la restauration a été faite par moi-même (décapage, démontage, remontage, travail du cuir), à l’exception de la peinture, confiée à un ami carrossier pour des raisons de temps » raconte Thomas, qui aura à garnir nombre d’éléments avec le fameux cuir : repose-pieds, sacoche latérale, selle, poignées, bavette, liseré central. « Une puce NFC est intégrée dans la sacoche : en la scannant, on accède à une vidéo YouTube retraçant chaque étape du projet. Le Solex est également équipé d’un système d’éclairage fonctionnel (avant et arrière), comme à l’origine. Il ne démarre pas, par choix : il est pensé comme une pièce unique de collection et de démonstration, notamment pour les salons, vitrines, ou expositions. Je prévois de créer deux à trois exemplaires supplémentaires, numérotés, selon les matériaux restants : un exemplaire restera exposé au centre de formation des Compagnons du Devoir de Pantin, un exemplaire restera personnel, en tant que prototype, les autres éventuels sont encore à définir

(exposition, démonstration, collection…) ».

Parfum d’italie

Et pour bien personnaliser son projet et sa création, Thomas a baptisé l’engin du nom de Solex Morzini : « Ce nom est un clin d’œil à l’Italie, pays dont j’admire le style et la culture mécanique, mais aussi un hommage à mon père, à qui je dédie ce projet. C’est également un premier pas vers un rêve futur : la création de ma propre marque de sellerie haut de gamme pour véhicules anciens et d’exception ». Affaire à suivre donc…

Article paru dans 50 Power n°29 (octobre 2025), pages 44 à 47.

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