50 POWER! Le magazine des 50 cm³ collectorsLa passion des mobs, des cyclos & de la collection
Dans le rétroPeugeot 103MBK 51RestaurationsClubs & rencontres

Rechercher /

· Essais

RAP Imperial V2 1963

Le RAP Imperial est typique de la production de cyclomoteurs hollandais des années 50/60 : une assez belle machine, très généreusement carrossée (à la limite du cyclo-scooter), avec des mécaniques et une selle assumant parfaitement le duo. Seulement voilà, l’impérial ne…

Texte Thibaut Amant, photos D.r./auctionet

Des perdants

Le RAP Imperial est typique de la production de cyclomoteurs hollandais des années 50/60 : une assez belle machine, très généreusement carrossée (à la limite du cyclo-scooter), avec des mécaniques et une selle assumant parfaitement le duo. Seulement voilà, l’impérial ne connaîtra qu’une carrière faite de rebondissements menant à l’échec…

L empereur

Sauf si vous être un geek ou Bernard Soler-Thèbes en personne, la marque RAP ne vous dira rien. Ou pas grandchose. Normal, en dehors du Benelux, celle-ci fut anecdotique et la période d’activité de la marque ne couvre que les années 1954 à 1970. RAP est une marque néerlandaise de cyclomoteurs, issue de l’entreprise R. S. Stokvis & Zonen, basée à Rotterdam. L’entreprise existait depuis le XIXe siècle — fondée en 1849 — et évoluait initialement dans le commerce de bicyclettes. C’est en 1954 que Stokvis & Zonen se lance dans la production de cyclomoteurs (comme bon nombre d’autres marques de vélos…) : c’est là qu’apparaît la marque RAP. Mais ce qui distingue RAP, c’est aussi son positionnement marchand : Stokvis & Zonen ne se contentait pas de fabriquer, mais importait et distribuait plusieurs autres marques de deux-roues — signe que RAP s’inscrivait dans une stratégie plus large de diversification autour du cycle et du motocycle. Les machines RAP étaient des 50 cm3, initialement propulsées — comme beaucoup de deux-roues battaves — par des moteurs de marque étrangère : d’abord des moteurs allemands Rex, puis des moteurs Pluvier (allemands également), et enfin des moteurs Puch JLO. Plusieurs modèles marquants ont vu le jour : citons le Crown, le Matadore ou encore le Rocky. La marque a cessé ses activités en 1970.

De faillite en faillite

Focalisons-nous sur le modèle « phare » de la marque, l’Imperial, qui connaîtra plusieurs évolutions. Ce modèle est typique de ce qui plaisait à la clientèle locale : entièrement carrossé, pour une propreté d’usage sans égal, avec de généreux garde-boue, l’Imperial affichait également une large selle duo, un traitement bichromatique de sa carrosserie, signe d’élégance, et une boîte 2 ou 3 vitesses selon les époques, qui permettait à l’engin de croiser à 70 km/h sans problème. Tout aurait pu marcher pour le RAP, et le succès, modéré mais suffisant et encourageant, fut d’abord au rendez-vous. RAP ne construisait pas ses moteurs et s’en remettait alors à des fournisseurs. Le premier fut l’allemand Rex. Rex-Moped-Verkauf GmbH., Braunschweig a été fondée par les frères Bagusat. Après son installation à Munich, entre 1948 et 1964, l’entreprise a fabriqué des moteurs auxiliaires pour bicyclettes (BMA) et des cyclomoteurs complets. Les moteurs deux temps étaient disponibles en 31, 34, 40 et 49 cm3. En 1954, sa documentation publicitaire annonçait la vente de 750 000 moteurs, ce qui incluait évidemment la fourniture pour d’autres marques, car les cyclomoteurs Rex n’étaient pas extraordinairement populaires. L’histoire de l’entreprise tourne court, car ses ressources ont été dilapidées en une nuit au casino en 1963 ! Une faillite soudaine et complète qui laisse ainsi RAP sans moteur. On s’en remet alors vite à un autre fournisseur allemand, Pluvier. Ce motoriste propose des blocs pour motos et canots de type hors-bord. Pluvier fabrique aussi des cyclomoteurs complets sous la marque Berini. RAP n’équipera que peu de machines en Pluvier, car la marque fait aussi faillite en 1963, un peu plus tard que Rex… On s’en remet alors à Puch, qui accompagnera alors la marque RAP jusqu’à 1970. A tel point que le dernier Imperial présenté l’année même de la fin de la marque ne sera qu’un Puch Skymaster rebadgé. Fin de l’histoire. On comprendra donc aisément pourquoi l’officine reste peu connue. Ce qui n’empêche pas d’admirer ce modèle mû par un Puch à 2 vitesses de 1963. Il faisait partie de la belle collection du Hjorted Moped Museum éparpillée aux enchères l’an dernier.

Le RAP Imperial est typique des carrosseries intégrales venues de hollande.

Le plus surprenant est la profusion de carrosserie et le mélange des styles, entre courbes et lignes droites.

Article paru dans 50 Power n°30 (janvier 2026), pages 44 à 47.

0 commentaire(s)

Participer à la discussion

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Commentaires modérés. Respectez la vie privée et les autres lecteurs.