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Hjorten 1958

Alors là, accrochez-vous les amis, voilà une marque dont plus personne ou presque ne connaît l’existence : Hjorten. C’est suédois. Mais bien moins populaire qu’Ikea ou Saab. Et pour rédiger ces quelques lignes, il a fallu transpirer assez longtemps...

Texte Thibaut Amant, photos D.r.

L’inconnu du

Alors là, accrochez-vous les amis, voilà une marque dont plus personne ou presque ne connaît l’existence : Hjorten. C’est suédois. Mais bien moins populaire qu’Ikea ou Saab. Et pour rédiger ces quelques lignes, il a fallu transpirer assez longtemps…

Grand nord dénichez un Hjorten en france ne sera pas facile ! On attend vos photos…

Je pensais m’en tirer avec les deux ouvrages de références : Cyclo-sport de Bernard Soler-Thèbes et Scooters du monde de Jean Goyard, à avoir dans sa bibliothèque absolument… Mais même ces spécialistes n’ont écrit aucune ligne sur la marque Hjorten (ça se prononce comme ça s’éternue…). Alors il a fallu que j’apprenne les rudiments de suédois en express, que je consulte de rares pages de collectionneurs suédois sur le sujet, pour vous en raconter un peu plus sur ce cyclo-scooter des années 50 d’allure somme toute conventionnelle…

Une mob en vpc

Hjorten pourrait se traduire littéralement par « le cerf ». Peu de constructeurs ont marqué la petite histoire des cyclomoteurs suédois comme ce nom discret, mais derrière cet emblème se cache une aventure industrielle atypique. Hjorten n’a jamais été un constructeur au sens strict du terme : il s’agissait d’une marque commerciale créée de manière éphémère par la grande maison de commerce Åhlén & Holm A:B, basée à Stockholm. Fondée à la fin du XIXe siècle, cette entreprise était bien connue pour ses ventes par correspondance et son vaste catalogue de produits — du textile aux bicyclettes — avant d’ajouter les deux-roues motorisés à son offre. Pour vous donner une image, il s’agissait d’une sorte de mixe entre le catalogue de la Redoute et un grand magasin parisien du style Galeries Lafayette ou Samaritaine. Dans les années 50, alors que l’Europe se reconstruit et que la moto utilitaire est sur la vague (mobilité facile et économique), Åhlén & Holm se lance dans la commercialisation de cyclomoteurs, scooters et petites motos sous le nom de Hjorten. Plutôt que de tout fabriquer en interne, la marque se repose sur l’envergure des constructeurs locaux : les cadres proviennent souvent de l’usine Apollo de M Berlin & Co à Värnamo, tandis que la motorisation est confiée à des partenaires spécialisés, d’origine étrangère bien souvent, pour ne pas dire allemande : Fuchs et Zündapp en tête.

De tout !

Le catalogue Hjorten est ainsi très hétéroclite : on y trouve des cyclos légers, équipés de petits moteurs deux-temps autour de 40 cm3, ainsi que des modèles plus puissants, parfois munis d’une motorisation Husqvarna de 120 cm3 associés à un cadre robuste. Ces dernières, plus rares, naviguent aux frontières de la petite moto plutôt que du simple cyclomoteur, avec des modèles comme le Hjorten 101 H de 1950, un monocylindre deux-temps délivrant environ 4 ch. Le tout en boîte automatique ou mécanique. Ces deux-roues n’étaient jamais des best-sellers comparables aux productions massives allemandes ou françaises, mais ils trouvent aujourd’hui une place de choix dans les collections de passionnés, parce qu’ils incarnent une page rare de l’histoire motocycliste suédoise. La période de commercialisation exacte est difficile à cerner précisément — les sources varient — mais la majorité des exemplaires connus semblent dater des années 50, et notamment de la deuxième moitié (bien que l’on note le modèle Motorette en 1953).

Carrosserie

Ainsi en est-il de cet étonnant cycloscooter Hjorten daté de 1958. Il provient de la collection dispersée du Varnhems Mopedmuseum hollandais. Il est équipé d’un monocylindre deux-temps 50cc d’origine Zündapp (numéro de moteur 747417 pour ceux qui voudraient faire des recherches sur le bloc précisément…) accouplé à une boîte mécanique à 2 vitesses. Une machine qui combine un cadre poutre dont on aperçoit le solide gabarit sous la selle, à une abondante carrosserie qui vient caréner l’ensemble. Notez le réservoir à carburant au-dessus du garde-boue arrière… Et c’est tout ce qu’on pourra raconter !

Le porte-bagage est aussi le réservoir à carburant ! La mécanique est d’origine allemande et le tablier fait de ce cyclo-scooter un utilitaire relativement confortable… pour l’époque !

Article paru dans 50 Power n°31 (mars 2026), pages 28 à 31.

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