Texte et photos Thibaut Amant
Le luxe discret
Dans la galaxie très fournie des cyclomoteurs Flandria, l’Euroluxe occupe une place presque à la marge : moins célèbre que les Record, Ultra Sport ou Mistral, il appartient pourtant à cette période où la marque belge savait décliner le 50 cm3 dans toutes les nuances possibles, jusqu’au cyclo utilitaire de présentation soignée.
Flandria – de son vrai nom Ateliers Claeys Flandria – est une marque belge active de 1951 à 1983 (les origines de la marque remontent cependant à 1894…) et basée alors à Zedelgem, en région flamande. Flandria dispose dans les années 50/60 d’un savoir-faire reconnu dans le cyclomoteur, avec une production très large et une implantation franco-belge importante à partir de la fin des années 50. Ce qui permet à la marque de proposer une assez large gamme, qui compte déjà dix-huit modèles en 1959, même si ce sont les modèles « sport » qui restent les plus connus aujourd’hui. Ainsi, la firme belge a aussi donné dans le cyclomoteur « utilitaire » classique… L’Euroluxe apparaît ainsi dans les années 60 : moteur monocylindre deuxtemps de 50 cm3, architecture simple, refroidissement par air, transmission mécanique et partie-cycle de cyclomoteur léger. Les données d’homologation donnent une puissance nette de 1 ch, ce qui classe ce modèle véritablement en dehors de la gamme « sportive » du constructeur. À titre de comparaison, les Flandria Record pouvaient recevoir des blocs quatre vitesses nettement plus performants, jusqu’à 3,25 ch. Le nom même — Euroluxe — indique cependant une volonté de présentation plus flatteuse que celle d’un simple utilitaire, avec réservoir intégré, garde-boue enveloppants, selle longue optionnelle, chromes, finition bicolore ou métallisée selon les marchés et millésimes. L’Euroluxe n’a pas laissé l’empreinte mythique d’un Record ou d’un Mistral, mais son intérêt est ailleurs : il illustre le versant bourgeois du cyclomoteur Flandria, celui d’un 50 cm3 bien fini, pratique, valorisant, pensé pour l’usage quotidien plutôt que pour la performance. Sa rareté actuelle tient à sa diffusion modeste. En collection, c’est précisément ce qui en fait l’attrait : une Flandria discrète, élégante, techniquement simple, mais finalement peu courante…
Faible kilométrage et détails charmants de cette machine belge méconnue.
Article paru dans 50 Power n°32 (juillet 2026), pages 44 à 47.
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